Iran : Au cœur d’une révolution sanglante
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La situation en Iran évolue en temps réel vers ce que certains médias internationaux qualifient déjà de plus grande tuerie de l’histoire contemporaine du pays. Selon plusieurs sources relayées par des journalistes irano-américains, le nombre de morts pourrait atteindre des chiffres extrêmement élevés, certains évoquant jusqu’à 20 000 victimes, bien qu’aucune confirmation officielle ne soit possible à ce stade.
Cette impossibilité de vérification n’est pas accidentelle. Le régime a instauré des coupures massives d’électricité et d’internet, précisément pour empêcher la population de communiquer, de documenter les événements, de s’organiser ou même de demander de l’aide médicale. Ce silence forcé s’inscrit dans une stratégie délibérée visant à empêcher les Iraniens de raconter ce qu’ils vivent. Lors des précédents soulèvements, les citoyens avaient pu jouer un rôle de journalistes de terrain ; cette fois, le régime semble déterminé à étouffer toute voix.
Mais pour comprendre l’ampleur de ce qui se passe aujourd’hui, il est nécessaire de replacer ces événements dans une perspective historique. Depuis 47 ans, ce régime est décrit comme brutal et sanglant. Des exécutions ont eu lieu pour des publications sur les réseaux sociaux, pour des activités sportives jugées non conformes, ou encore pour des infractions liées à l’apparence. Le cas de Mahsa Amini, une jeune femme de 22 ans morte après avoir été battue pour avoir porté son voile de manière jugée trop “relâchée”, reste un symbole marquant de cette violence systémique.
Des images circulant sur certaines plateformes montrent des rues bordées de sacs mortuaires, des familles en pleurs, une détresse difficilement soutenable. La répression actuelle est décrite comme d’une brutalité extrême. Le régime utilise des armes létales contre une population désarmée, composée de manifestants tenant parfois seulement des bâtons ou des pierres pour exprimer leur rejet de l’oppression.
Des témoignages font également état de pratiques glaçantes dans le système de santé. Des médecins auraient reçu l’ordre de ne pas opérer les personnes blessées par balle. Des pharmaciens seraient contraints de signaler les noms de ceux qui viennent chercher des soins pour des blessures. Beaucoup n’osent plus se rendre à l’hôpital, de peur d’y être arrêtés.
Malgré cela, le peuple iranien ne recule pas. La mobilisation continue, portée par un courage remarquable. Il ne s’agit plus de demandes de réformes ou de concessions. Les Iraniens expriment clairement qu’ils ne veulent aucun compromis avec ce pouvoir. Leur message est limpide : ce régime doit partir. Ils réclament une liberté fondamentale, un État laïc, démocratique, et respectueux de la vie humaine.
Sur le plan international, de nombreux Iraniens appellent explicitement au soutien des États-Unis. Une figure fédératrice émerge : Reza Pahlavi, fils de l’ancien Shah, aujourd’hui installé aux États-Unis, perçu par beaucoup comme un symbole d’unité et d’espoir. Les slogans dans les rues appellent à son retour, à des élections libres, et à un avenir choisi par le peuple.
Selon plusieurs analystes, un point de non-retour a déjà été atteint. Malgré les milliers de morts, la population continue de descendre dans les rues, à travers les trente et une provinces, toutes classes sociales et générations confondues. À cela s’ajoute un contexte international inédit : affaiblissement des alliés régionaux du régime, recul de ses réseaux armés, et déstabilisation de ses capacités militaires.
Pour beaucoup, une combinaison de facteurs internes et externes crée ce qui est décrit comme une tempête parfaite, susceptible de provoquer l’effondrement du régime. Le peuple iranien espère désormais que la communauté internationale ne détournera pas le regard.
Face à cette tragédie, une chose demeure essentielle : ne pas oublier l’Iran, ne pas banaliser la souffrance de ses habitants, et continuer à prier pour un peuple qui paie le prix de sa quête de liberté.
Rédaction rfe
